Huile d’olive : pourquoi 15 « vierge extra » sur 20 ont été déclassées, et ce que deux producteurs niçois conseillent
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Huile d’olive : pourquoi 15 « vierge extra » sur 20 ont été déclassées, et ce que deux producteurs niçois conseillent

Prix, AOP, bio, vierge extra : deux producteurs des Alpes-Maritimes détaillent les bons repères et les pièges à éviter devant le rayon d’huile d’olive.

Devant le rayon, les bouteilles se ressemblent et les mentions s’empilent : locale, bio, AOP, vierge extra. Deux producteurs des Alpes-Maritimes donnent leurs repères pour choisir sans se tromper. Un chiffre à retenir avant d’acheter : en 2025, sur 20 huiles vendues comme vierge extra, seules cinq ont réussi les tests de Que Choisir.

En bref

  • En 2025, Que Choisir a testé 20 huiles vendues « vierge extra » : cinq seulement ont conservé cette classification.
  • L’AOP Huile d’olive de Nice couvre 99 communes des Alpes-Maritimes et repose surtout sur la variété locale, le cailletier.
  • Les deux producteurs conseillent de privilégier une origine clairement identifiée et un producteur ou une filière à la traçabilité connue.

Le chiffre clé : 5 sur 20, huiles vendues « vierge extra » ayant conservé leur classification après les tests de Que Choisir en 2025.

Sur 20 huiles vendues « vierge extra », seules cinq l’étaient vraiment

Vous lisez « vierge extra » sur l’étiquette et vous pensez tenir la meilleure catégorie. En principe, c’est exact. Une huile vierge extra est obtenue uniquement par des procédés mécaniques. Elle doit aussi respecter des critères chimiques et sensoriels précis.

Le souci, c’est l’écart possible entre la mention et ce qu’il y a dans la bouteille. En 2025, Que Choisir a fait analyser 20 huiles vendues sous cette appellation. Cinq seulement ont gardé leur classification à l’issue des tests.

Résultat du testNombre d’huiles
Restées « vierge extra »5
Rétrogradées en « vierge »13
Rétrogradées en « lampante »2

Autrement dit, 15 bouteilles sur 20 n’avaient pas le niveau annoncé. Les deux huiles « lampantes » relèvent d’une catégorie impropre à la consommation en l’état. Une mention imprimée ne suffit donc pas à elle seule, et c’est pour cela que les producteurs niçois invitent à regarder ailleurs.

L’AOP Huile d’olive de Nice couvre 99 communes et la variété cailletier

Vous voulez acheter local pour de bon ? Selon Vincent Dauby, vigneron-oléiculteur au Domaine de Vinceline et président du Syndicat interprofessionnel de l’Olive de Nice, l’AOP Huile d’olive de Nice reste un repère précieux.

Ce label garantit une huile produite dans une aire qui s’étend sur 99 communes des Alpes-Maritimes. Elle est élaborée essentiellement à partir de la variété locale, le cailletier. Vous savez donc de quel territoire vient la bouteille et de quelle olive elle est issue.

C’est ce qui la distingue d’un simple « local » écrit en gros sur une étiquette. Une aire délimitée, une variété identifiée : l’information est vérifiable, ce qui n’est pas le cas d’un adjectif vague.

Une origine claire et une traçabilité connue valent mieux qu’une mention

Face au rayon, trois questions reviennent. Faut-il forcément prendre la bouteille la plus chère ? Le bio garantit-il une meilleure qualité ? Et comment être sûr qu’une huile présentée comme française l’est vraiment ?

La réponse des deux producteurs tient en un réflexe : privilégier une origine clairement identifiée, et un producteur ou une filière dont on connaît la traçabilité. C’est l’un des meilleurs moyens, disent-ils, de ne pas se faire piéger.

Thierry Daloni parle depuis le terrain. Il produit son huile à Lucéram, au sein de Maison Mélanie, une exploitation familiale qu’il a reprise. Mélanie était sa grand-mère, et ce sont ses grands-parents qui ont lancé la production dans les années 30. Il travaille à petite échelle, avec une production artisanale ancrée dans le territoire.

Dans ce cas de figure, la traçabilité n’a rien d’abstrait : celui qui vend la bouteille peut vous dire où poussent les oliviers et qui a fait l’huile.

Les signaux qui doivent vous faire reposer la bouteille

Voici les pièges à garder en tête au moment de choisir.

  • La mention « vierge extra » seule. Le test de 2025 montre qu’elle ne garantit pas la catégorie réelle de l’huile.
  • Une origine floue. Un « local » ou un « français » dont vous ne pouvez pas remonter la piste jusqu’à un producteur ou une filière.
  • Le prix ou le bio pris comme preuve unique. Ce sont les deux questions que tout acheteur se pose, mais ni l’un ni l’autre ne vous dit à lui seul d’où vient l’huile.
  • Un producteur introuvable. Si personne n’est identifiable derrière la bouteille, la traçabilité que recommandent les deux producteurs fait défaut.

À l’inverse, un label comme l’AOP, qui renvoie à une aire et à une variété précises, donne une base concrète pour comparer.

Le 28 novembre 2026, les moulins des Alpes-Maritimes ouvrent leurs portes

Le meilleur moyen de savoir ce que vous achetez reste de rencontrer celui qui le fait. Les Alpes-Maritimes comptent de nombreux producteurs et moulins où l’on peut découvrir les méthodes de fabrication. Selon les exploitations, on peut aussi y déguster l’huile ou l’acheter directement.

Une journée portes ouvertes des moulins et domaines oléicoles du département est prévue le 28 novembre 2026, avec plusieurs moulins participants. Notez la date : c’est l’occasion de goûter plusieurs huiles et de poser vos questions sur l’origine et la fabrication.

Le Domaine de Vinceline propose en outre des visites guidées de son oliveraie, dégustation comprise. Vous mettez ainsi un visage, un terroir et un savoir-faire derrière la bouteille qui finira sur votre table.

Vos questions

Que garantit l’AOP Huile d’olive de Nice ?

Elle garantit une huile produite dans une aire de 99 communes des Alpes-Maritimes. Cette huile est élaborée essentiellement à partir de la variété locale, le cailletier. C’est un repère précieux pour acheter vraiment local, selon Vincent Dauby.

Une huile étiquetée « vierge extra » est-elle forcément de cette catégorie ?

Non. En 2025, Que Choisir a analysé 20 huiles vendues comme « vierge extra » : cinq ont conservé cette classification, treize ont été rétrogradées en « vierge » et deux en « lampante ».

Où rencontrer des producteurs et goûter l’huile locale ?

Dans les moulins et domaines des Alpes-Maritimes, où l’on peut selon les cas déguster ou acheter l’huile. Une journée portes ouvertes est prévue le 28 novembre 2026, et le Domaine de Vinceline organise des visites guidées de son oliveraie avec dégustation.

Sources : ici (France Bleu).