10 000 couverts en quatre ans : le menu unique à 16 euros ou 5 euros des Potes au feu à Brignoles
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10 000 couverts en quatre ans : le menu unique à 16 euros ou 5 euros des Potes au feu à Brignoles

Menu unique, 16 euros ou 5 euros en toute discrétion : à Brignoles, le restaurant solidaire Les Potes au feu a servi 10 000 couverts en quatre ans.

Vous cherchez une table où personne ne sait ce que paie son voisin ? À Brignoles, Les Potes au feu sert un menu unique, cuisiné par un chef et apporté par des bénévoles. Seize euros pour les uns, cinq pour les autres, et quatre ans après l'ouverture, le compteur affiche 10 000 couverts.

En bref

  • Un seul menu (entrée, plat, dessert) à 16 euros, ou 5 euros pour les personnes qui ont peu de moyens.
  • Le restaurant ouvre le mercredi et le jeudi, sur réservation, avec une vingtaine de bénévoles autour du chef.
  • Une centaine de repas suspendus ont été offerts l'an dernier grâce aux clients qui arrondissent leur addition.

Le chiffre clé : 10 000, couverts servis en quatre ans par le restaurant solidaire de Brignoles.

Un menu unique, un chef en cuisine, des bénévoles en salle

Un jour de service ordinaire, seize couverts sont attendus. En cuisine, Antoine a enfourné le filet mignon, fait chauffer un velouté de potimarron dans sa grande marmite, cuit les carottes et mis la crème caramel au frais. En salle, Michel Figarella, président de l'association, coupe le pain, le range dans une corbeille et termine la mise en place.

Ici, pas de carte à rallonge. La formule tient en trois lignes : une entrée, un plat, un dessert, et un seul menu pour tout le monde. Le chef le construit avec le président. Antoine fait ses courses le matin pour le midi : les légumes viennent en général de Saint-Maximin, la viande d'une boucherie de Brignoles.

On mange sur réservation, pour éviter le gaspillage. Le restaurant ouvre le mercredi et le jeudi, plus un vendredi soir par mois, avec animations et jeux. Côté ambiance, tout est dit : tranquille et décontractée, sauf les jours de salle comble. Antoine a même banni de sa cuisine l'expression « être dans le jus ».

Seize euros, ou cinq euros sur simple demande à la réservation

Pour la note, il n'y a rien à calculer. Le président en explique le principe :

« Un prix unique de 16 euros, entrée, plat et dessert, et un prix solidaire à 5 euros pour ceux qui ont peu de moyens ou qui traversent des moments difficiles. Il suffit de le dire à la réservation, en toute discrétion. Pas de justificatifs, pas de papiers, on ne va pas s'embêter avec ça. On fait confiance. »

Michel Figarella, président des Potes au feu, dans Nice-Matin

FormulePrixPour qui
Plein tarif16 eurosEntrée, plat et dessert, pour ceux qui peuvent payer
Tarif solidaire5 eurosPersonnes avec peu de moyens ou en difficulté, sans justificatif

Le système fonctionne. Le restaurant revendique aujourd'hui une moitié de clients au plein tarif et une moitié au tarif solidaire. Dans la salle, on croise des travailleurs de la zone qui viennent une ou deux fois par semaine, et des personnes qui s'offrent une sortie au restaurant.

Personne ne sait quel prix son voisin de table va payer. C'est voulu : c'est aussi une question de dignité.

Une centaine de repas suspendus offerts l'an dernier

Ceux qui le peuvent paient 16 euros, et certains laissent un peu plus, comme un pourboire. Ce petit supplément n'est pas perdu. Il est mis de côté et transformé en repas suspendu. L'an dernier, une centaine de repas ont ainsi été financés.

Michel Figarella appelle ensuite des associations pour que leurs adhérents en profitent. Ils viennent alors manger au restaurant, comme tout le monde. Pour certains, c'est une sortie qu'ils n'avaient pas faite depuis longtemps. Dans la précarité, rappelle le président, on manque d'argent, de vie sociale, et souvent de santé : un repas au restaurant fait du bien.

Il tient à un point : Les Potes au feu est un vrai restaurant. On y est servi à l'assiette, ce n'est ni un self ni une cantine.

Une vingtaine de bénévoles et des habitués fidèles

Christine est bénévole depuis deux ans. Après des années à Promo soins et des maraudes à Hyères, elle a levé un peu le pied et vient désormais une fois par mois assurer le service. Madeleine, elle, est là depuis le début, mais en cuisine. Elle sourit : elle en profite pour piquer des recettes au chef.

Toutes deux citent la même raison de rester : l'ambiance, et la façon d'accueillir les gens, avec beaucoup de bienveillance. L'association compte sur une vingtaine de bénévoles. Elle les bichonne, parce que sans eux, dit-elle, ce ne serait pas possible.

Côté clients, Monique, 102 ans, apprécie le menu unique : « Comme ça, je n'ai pas à choisir. De toute façon, c'est toujours bon, et ici ils sont vraiment sympas. » Jackie, assise en face d'elle, ajoute que le principe de solidarité est une bonne idée et que c'est aussi pour cela qu'on vient.

Né d'un collectif d'associations, soutenu par un concert le 11 octobre

Tout commence par une idée, un an avant l'ouverture de 2022. Autour de la table : l'Accorderie, le foyer des jeunes travailleurs, Provence verte solidarité, la Maison des initiatives sociales, le Secours catholique, l'École de la deuxième chance et Garrigue. Leur but : créer un lieu de lien social et de mixité.

Un café associatif en centre-ville de Brignoles s'est révélé trop compliqué. La solution est venue de la fondation des Apprentis d'Auteuil : une grande salle, libre entre midi et deux, avec une petite cuisine. Elle se trouve à deux pas de la caserne des pompiers, à côté du foyer de jeunes travailleurs. Il a fallu un an de travaux, de mise aux normes et de formations avant d'ouvrir.

Les comptes sont à l'équilibre, mais Michel Figarella prévient : sans les subventions de la CAF et de deux caisses de retraite, ce serait difficile, car les aides publiques sont en berne. L'association se tourne donc vers les privés. L'an dernier, elle a reçu un don d'Hyper U de Saint-Maximin.

Pour fêter les quatre ans du restaurant, le duo de chanteurs Spera, « comme espoir », donne un concert en l'église du Val le dimanche 11 octobre. Le prix des entrées sera reversé au restaurant.

Vos questions

Faut-il réserver pour déjeuner aux Potes au feu ?

Oui, le restaurant fonctionne sur réservation, pour éviter le gaspillage. Il ouvre le mercredi et le jeudi à midi, plus un vendredi soir par mois avec animations et jeux.

Comment bénéficier du tarif solidaire à 5 euros ?

Il suffit de le dire au moment de la réservation, en toute discrétion. Aucun justificatif ni papier n'est demandé : l'association fait confiance. Le plein tarif est de 16 euros pour l'entrée, le plat et le dessert.

Comment aider le restaurant solidaire de Brignoles ?

Vous pouvez payer un peu plus que 16 euros : le surplus devient un repas suspendu, offert à une personne qui en a besoin. Vous pouvez aussi assister au concert du duo Spera, le dimanche 11 octobre en l'église du Val, dont les entrées sont reversées au restaurant.

Sources : nicematin.com.